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Relaxe pour les sept militants poursuivis !

affirme sa solidarité sans faille avec les sept personnes arrêtées et appelle à venir les soutenir : - Au rassemblement organisé mercredi 11 mai à 18 heures devant les Cordeliers (côté place du Marché). - Le jour du procès, jeudi 12 mai à 16 heures, au palais de justice.

Comité Poitevin Contre la Répression des Mouvements Sociaux affirme sa solidarité sans faille avec les sept personnes arrêtées et appelle à venir les soutenir : - Au rassemblement organisé mercredi 11 mai à 18 heures devant les Cordeliers (côté place du Marché). - Le jour du procès, jeudi 12 mai à 16 heures, au palais de justice.

Dans la soirée du 5 février dernier, sept personnes ont été interpellées au centre-ville de Poitiers et mises en garde à vue. Elles sont poursuivies pour participation à un attroupement en vue de commettre des dégradations.

L’accusation s’appuie sur la fameuse loi Estrosi votée en 2009. Cette 15e loi sécuritaire concerne les bandes… ou plus exactement la participation à un groupe ayant l’”intention” de commettre des violences – une infraction qui s’appuie sur la notion de “culpabilité collective”, et qui peut être punie de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

Il s’agit-là tout simplement de la dernière version d’une batterie de lois qui ne sont pas seulement répressives, mais aussi totalitaires, c’est à dire qui veulent que TOUS les agissements des individus soient transparents, connus et prévisibles et ainsi contrôlés par l’État. Caméras partout, ADN pour détecter les futurs délinquants, classification de signes extérieurs de normalité ou d’anormalité, toutes ces mesures sont bel et bien à prendre comme un tout dans le sens de la mise en place d’un centre qui “voit tout”. Pour parvenir à s’approcher de cet “idéal” l’État veut avoir le droit d’intervenir dans le secret professionnel, avoir accès à tous les dossiers administratifs comportant les faits et agissements de tous citoyens, mobiliser toutes les batteries possibles d’”observateur” de la société aux côtés des policiers, délateurs volontaires ou rémunérés, mais aussi psychologues, sociologues, éducateurs qui auront de plus en plus de mal à refuser de faire ce sale boulot tant ils sont eux-mêmes surveillés pour être sanctionnés.

Comme pour le procès des 6 de la fête de la musique, suivi du procès Nina, la police utilise la loi LOPPSI2 et tout l’arsenal à sa disposition pour réprimer la jeunesse. Après la chasse aux roms, la chasse aux sans papier et la chasse aux jeunes à qui le tour ?

Pour le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, nous sommes en présence, à nouveau, d’une tentative de criminaliser et d’isoler une partie de la jeunesse, pour éviter que la contestation, contre un pouvoir à juste titre considéré comme de plus en plus illégitime, ne fasse tache d’huile. Tout le cynisme policier consiste à présenter comme des “casseurs”… des personnes qui dénoncent précisément la violence bien réelle, insupportable et croissante, de la casse sociale perpétrée par le gouvernement et sa police.

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux affirme sa solidarité sans faille avec les sept personnes poursuivies et appelle à venir les soutenir :

– Au rassemblement organisé mercredi 11 mai à 18 heures devant les Cordeliers (côté place du Marché).
– Le jour du procès, jeudi 12 mai à 16 heures, au palais de justice.

Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux – antirep86.fr – antirep86@free.fr

Vous trouverez ci-après un communiqué de presse des 7 manifestant-e-s arrêté-e-s le 5 février 2011 soutenus par le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux.
Ils appellent à venir les soutenir le jour du procès, jeudi 31 mars à 14 heures, au palais de justice.

Sans Papiers Ni Frontière

Il s’agit ici de revenir sur les événements qui se sont déroulés à Poitiers le 5 février 2011 au soir. Au départ, un appel à la manifestation fut lancé. Celui-ci revendiquait “la liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous” ; le cortège devait partir à 22h de la place Charles de Gaulle. Finalement, il ne partit qu’à 22h30 dans une ambiance de fête. À l’arrivée des dégradations et sept interpellations.

Bien qu’une partie de ces faits nous soient imputés, nous ne souhaitons pas les commenter. En revanche, nous, les sept inculpé-e-s, reconnaissons et assumons avoir participé à cette manifestation. Par notre présence nous souhaitions, simplement, exprimer notre rejet de la gestion des migrants et notre soutien inconditionnel à ceux qui doivent y faire face chaque jour. Il n’était donc pas question de dégrader ; cela ne correspondait pas à nos attentes. Par conséquent, nous ne sommes pas les auteurs des dégradations. Et, subséquemment, nous ne pouvons que deviner les motivations qui ont poussé à de tels actes.

Par ailleurs, notre convocation devant la justice a été rendue possible par une loi particulièrement fallacieuse : la LOI n° 2010-201 du 2 mars 2010 “renforçant la lutte contre les violences de groupes et la protection des personnes chargées d’une mission de service public”. Celle-ci rend la “participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens” illégale. Autrement dit, cette loi permet d’interpeller des individus, non parce qu’ils étaient en train de commettre des délits, mais parce qu’ils manifestaient à côté de personnes qui ont, par la suite, commis des délits. De plus, même une partie de la classe politique dénonce une résurgence de la loi anti-casseurs soit une remise en cause d’un des fondements du système judiciaire français : la présomption d’innocence.

Entendons-nous bien : nous ne nions pas l’existence des dégradations commises le soir du 5 février 2011, nous pointons le ridicule de la situation. Pourquoi mettre en exergue le fait que des manifestant-e-s aient en leur possession des fumigènes, des briquets, des pétards juste après une manifestation ? Combien de syndicalistes ont fait usage de fumigènes et de pétards durant le mouvement de cet automne contre la réforme des retraites ? L’usage de ce matériel ne justifiait-il pas d’avoir un briquet sur soi ? Pourquoi s’offusquer outre mesure que nous ayons été arrêté-e-s avec des écharpes, des bonnets et des gants, alors que nous étions en plein hiver ? Pourquoi perquisitionner du matériel militant chez nous alors qu’il est complètement banal que les participant-e-s à des manifestations en aient chez eux ?

Alors pourquoi ordonner à la police la destruction du matériel dit “anarchiste” saisi chez nous ? La jeunesse engagée fait-elle trembler à ce point le pouvoir ? Croit-il avoir fabriqué une jeunesse désespérée n’ayant plus vocation qu’à verser dans le terrorisme ? S’agit-il de faire de nous des exemples, d’envoyer un message fort à ceux qui poursuivent leur ligne de fuite, qui ne se laissent pas surveiller et punir, sans réagir ? Malgré la “chasse au gauchiste” qui sévit, nous ne renoncerons pas à nos désirs d’émancipation.

Des perspectives s’offrent, encore, à nous si toutefois notre futur ne se résume pas à un monde de barreaux.

Les 7 manifestant-e-s arrêté-e-s le 5 février 2011

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