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Il faut que cesse le harcèlement de militants !

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Comité Poitevin Contre la Répression des Mouvements Sociaux

Comité Poitevin Contre la Répression des Mouvements Sociaux

C’est un scénario policier désormais bien établi. On repère un militant ciblé et on attend de sa part un “trouble à l’ordre public” ou une “violence” : dégradation ou vol d’affiche de “sucette” Decaux, jet d’objets divers… Faute de quoi, on en invente carrément un. Puis on dépêche au moins huit policiers sur les lieux de la “perturbation”. Si on ne trouve vraiment rien à reprocher à cette personne, on ajoute une pincée de provocation : gestes divers, tutoiement, discussion stérile. On mélange bien et on attend que ça prenne. Ensuite, on inculpe (insultes, outrage, rébellion…). Dans tous les cas, on arrête en mettant des menottes pour grossir les accusations ; on place en garde à vue, on charge au maximum, on fait passer au tribunal et on condamne le plus lourdement possible. Si on arrive à provoquer des récidives, c’est encore mieux…

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux ne compte plus le nombre d'”affaires” qui sont montées de la sorte. Bien qu’elles soient toutes très instructives, trois d’entre elles sont emblématiques.

D’abord, Guillaume qui, dans la nuit du 25 au 26 janvier 2010 vers 4 heures du matin, se fait interpeller en bas de la rue des Trois-Rois par huit policiers qui l’accusent d’avoir “volé”… puis seulement “déplacé” une publicité ! Il est emmené au commissariat et interrogé vers midi, le 26. L’officier de police judiciaire déclare alors à Guillaume qu’il a été arrêté en flagrant délit “à côté des Feuillants”, et non près de la coop comme cela a été le cas – soit à plusieurs centaines de mètres de distance. Il lui annonce aussi qu’il est poursuivi pour “vol d’affiche publicitaire et dégradation” (il aurait forcé le “meuble urbain” !). Guillaume sera libéré au bout de quatorze heures de garde à vue, et convoqué au tribunal le 4 mars à 14 heures. Mais ce même jour à 7 h 30, la police débarque chez lui pour une perquisition en prétextant une enquête sur des tags qui restera aussi floue que fumeuse, et place de nouveau Guillaume en garde à vue. Il sera relâché vers midi. Au procès, l’après-midi, le procureur ne demandera pas moins d’un mois de prison ferme, et la juge donnera à Guillaume 70 heures de travaux d’intérêt général en le traitant de “petit imbécile”1.

Ensuite, Nina, arrêtée dans la nuit du 18 au 19 mai 2009 pour “bris de “sucette” Decaux”… à 200 mètres de cette “sucette”, alors que les policiers disent l’avoir prise en flagrant délit de dégradation. Le 30 juillet, Nina est condamnée, au tribunal correctionnel, à 500 € d’amende avec sursis et à 850 € de dommages-intérêts pour Decaux. Le procureur ayant fait appel, elle repasse devant le tribunal le 21 janvier 2010. Et là, surprise : ce même procureur demande quasiment la relaxe. Après avoir démonté tous les éléments de l’accusation, il s’en remet au tribunal. Relaxée, Nina l’est certes… mais le parquet se pourvoit en cassation. Heureusement, ce pourvoi est rejeté par la Cour de cassation en septembre. Nina est définitivement relaxée. Cependant le harcèlement ne s’arrête pas là. Lors de la dernière Fête de la musique, le commissaire Papineau, en uniforme et gilet pare-balles, reconnaissant sans doute Nina devant l’église Notre-Dame et anticipant sans doute sa relaxe dans l’autre affaire, prend prétexte d’une canette de verre lancée vers lui et du fait que quelqu’un aurait crié : “Papineau on aura ta peau” pour la pourchasser jusqu’à la place de la Liberté, la plaquer contre un mur, l’interpeller – et, au passage, avec onze autres policiers, tabasser et arrêter cinq de ses amis. Après huit jours en prison, le procureur ayant demandé six mois de prison ferme, Nina est condamnée pour outrage et rébellion mais relaxée pour violences. Le commissaire Papineau, s’estimant certainement mal dédommagé, pousse alors le parquet général à faire appel. Appel qui aura lieu le 18 février prochain2.

Enfin, Clément, arrêté en même temps que Nina, le 21 juin dernier, dans le traquenard place de la Liberté. Après huit jours en prison, le procureur ayant demandé pour lui six mois de détention ferme, Clément est comme Nina condamné pour outrage et rébellion mais relaxé pour violences. Et, comme pour elle, le commissaire Papineau pousse le parquet général à faire appel. Appel qui aura également lieu le 18 février prochain. Mais le harcèlement ne s’arrête pas là. Sachant certainement – car ils font sans cesse l’objet de filatures – que les jeunes de Poitiers ciblés pour leurs convictions politiques, dont Clément, se trouvent à un anniversaire place de la Liberté, dans la nuit du 5 au 6 janvier 2011, huit policiers s’y rendent, provoquent et interpellent de nouveau Clément. Ils lui passent les menottes, histoire de trouver une cause de rébellion, et, après l’avoir fait sortir dans la rue, l’inculpent d’”ivresse sur la voie publique” – sans que de plus un alcootest ait été réalisé ! Et sûrement histoire de faire bonne mesure et d’étoffer un peu le dossier au procès du 18 février, ils ajoutent pour Clément quelques inculpations supplémentaires, comme l’”outrage” pour un tutoiement qui lui a échappé.

Le harcèlement policier mis en œuvre ici est une des méthodes expérimentées dans les quartiers puis généralisées. Il sert à dissuader les jeunes militants qui y sont soumis de s’engager sur le terrain politique, ou à intimider ceux qui s’y sont déjà engagés. Il sert aussi à détourner l’attention de l’essentiel – les agissements de la préfecture et de la police, ainsi que l’alliance objective de la mairie et de la préfecture, en ce qui concerne Poitiers ; et, au niveau national, les profondes inégalités existant en France, auxquelles la seule réponse apportée par les autorités (État comme collectivités locales) est la répression – non seulement et bien sûr pour occulter le problème, mais aussi pour empêcher que d’autres solutions soient avancées.

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux exige l’arrêt immédiat du harcèlement policier et la relaxe des 6 de la Fête de la musique !

Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux www.antirep86.frantirep86@free.fr

1 Communiqué de presse sur le procès de Guillaume M. Jeudi 4 mars à partir de 14h communique de presse sur le procès de guillaume m jeudi 4 mars à partir de 14 h ; Il avait dégradé le panneau de pub PQR 05-03-10 il avait dégradé le panneau de pub ; Un épisode répressif de plus… un épisode répressif de plus

2 Sucette cassée contestée”, NR du 21 mai 2009 ; “CORRECTIONNELLE – Nina a été reconnue coupable d’avoir brisé une “sucette” dans le quartier Montierneuf”, Centre-Presse du 31 juillet 2009 ; “Gentille étudiante ou militante anti-pub ?“, NR du 31 juillet 2009 ; Notes d’audiences Cour d’appel de Poitiers par Sylestre Jeudi 21 janvier 2010 ; POITIERS Sucette brisée : étudiante relaxée 12-03-10 ; Rixe avec la police : cinq blessés, six interpellés NR 23/06/2010 ; Rixe avec la police : six personnes jugées aujourd’hui à Poitiers Maville.com 23-06-10 ; Rixe place de la Liberté : cinq jeunes en détention NR 24/06/2010 ; Le préfet porte plainte et soutient la police CP 24/06/2010 ; Arrêtée après avoir collé des affiches dénonçant un “tabassage gratuit” CP 24-06-10 ; Bagarre du 21 juin, il en reste un en prison Centre-Presse 30-06-10 ; Fête de la Musique Demandes de mise en liberté Notes d’audience du 29 juin 2010 par S. G. ; Jeunes anti-flics ou flics anti-jeunes ? Centre Presse 09-07-10 ; Justice en public CP 09-07-10 ; Pause Centre Presse 09-07-10 ; Un procès peut-il ramener la paix sociale à Poitiers NR 10/07/2010 ; Une nuit au tribunal correctionnel NR 10/07/2010 ; Justice sans climatisation NR 10/07/2010.

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