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Tract – Communiqué Conférence de presse samedi 13 Place de France

Halte à la répression… contre le comité antirépression de Poitiers !

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux organisait le week-end prochain, 13 et 14 novembre, dans la salle place de France que gèrent les centres socioculturels des Trois-Cités, un Forum antirépression, avec une série de débats animés par des intervenants extérieurs et portant sur le sécuritaire, les Roms et les prisons. Il avait déjà utilisé cette salle, qui avait été réservée de longue date par les Verts, un de ses soutiens. Or, à quelques jours du forum, et alors que ce dernier a été largement annoncé par voie de presse et canaux militants, la mairie de Poitiers a multiplié les pressions sur le Centre socioculturel des Trois-Cités pour empêcher la rencontre d’avoir lieu.
Dans un premier temps, Nathalie Rimbault-Raitière (adjointe au maire chargée des maisons de quartier et élue représentant la Ville au conseil d’administration des Trois-Cités) et Claude Thibault (élue du quartier représentant la Ville au même CA) ont informé un membre du comité antirépression par ailleurs président de l’association gérant la salle municipale des Trois-Cités, Jean-François Chazerans, que la préfecture supprimerait les subventions annuelles accordées à cette maison de quartier – soit, après vérification auprès de sa direction, quelque 60 000 € – si le forum y était maintenu… Mathias Aggoun (directeur de cabinet du député-maire Alain Claeys) a ensuite confirmé personnellement cette menace auprès de Jean-François Chazerans, en estimant que celui-ci ne pouvait être à la fois membre du comité antirépression et président du Centre socioculturel des Trois-Cités, et que le Forum antirépression ne pouvait se tenir dans une salle prêtée par cette maison de quartier. Il a conclu en suggérant que le Forum ait lieu dans les Salons de Blossac – une “suggestion” qui était en fait une injonction puisqu’elle était assortie d’un pareil chantage : si le comité antirépression ne l’acceptait pas, les subventions de l’Etat au Centre socioculturel des Trois-Cités seraient supprimées. Par sa proposition, la mairie semblait vouloir éviter une intervention de la préfecture à l’encontre de la maison de quartier, ou du moins la réaction prévisible du comité antirépression devant le véritable scandale que constituent les tentatives préfectorales d’entrave à la liberté de réunion.

Mais, pour sa part, la mairie paraissait fort peu gênée par l’entrave à la liberté d’opinion qu’elle-même exerçait sur un membre bénévole du Centre socioculturel des Trois-Cités ayant parfaitement le droit d’être aussi membre du comité antirépression. En effet, le 8 novembre, lors d’une réunion avec les présidents, les administrateurs et les directeurs des maisons de quartier, Alain Claeys l’énonçait très clairement : la salle place de France gérée par les Trois-Cités étant une salle municipale, la mairie a son mot à dire et peut interdire de la prêter ou de la louer.
Devant l’odieux chantage aux subventions et les graves attaques à l’encontre du Centre socioculturel des Trois-Cités de la part de la préfecture et de la mairie, devant les réflexions malveillantes dont il était l’objet et le peu de cas qui était fait de sa liberté de conscience comme d’expression, Jean-François Chazerans a alors décidé de démissionner de sa fonction de président de l’association des Trois-Cités. Devant la menace de suppression des subventions données par l’Etat au Centre socioculturel des Trois-Cités, les Verts, soutiens du comité antirépression, ont de leur côté retiré la réservation de la salle qu’ils avaient faite – mais la même demande de réservation a été formulée alors auprès de la maison de quartier par les Alternatifs, également soutiens du comité antirépression.
La Ville de Poitiers a ensuite fait savoir au directeur du Centre socioculturel, le 10 novembre, qu’elle ne s’opposait plus à la 
réservation de la salle place de France. “Dans la mesure où le président du Centre socioculturel a démissionné, la confusion des 
genres n’existe plus et le centre peut décider de louer à une autre 
structure pour la même manifestation. C’est le cumul des fonctions qui posait problème ; celui-ci ayant disparu, le problème disparaît aussi”, aurait assuré M. Aggoun.

La suite des événements a prouvé que la mairie pouvait sans gros risques montrer soudain autant de bienveillance et de largesse d’esprit à l’égard du comité antirépression : craignant tant la suppression de ses subventions qu’une mobilisation de ce comité et de ses soutiens à ses portes samedi 13, la direction des Trois-Cités a purement et simplement annoncé, dans un communiqué rendu public le 12, la fermeture de la maison de quartier ce jour-là ! “Je décide que le Forum antirépression ne sera pas accueilli dans nos locaux, au travers de quelque organisation que ce soit. En conséquence, et pour éviter tout malentendu, par les uns et par les autres, ces locaux, habituellement ouverts le samedi, seront exceptionnellement fermés et aucune activité n’y aura lieu.”
On arrive donc à ce résultat à la fois énorme et révoltant que, pour satisfaire une préfecture multipliant sans cesse les mesures sécuritaires et coercitives contre les personnes désireuses de défendre leur liberté d’opinion et de réunion, non seulement une mairie n’hésite pas à faire pression sur une maison de quartier quant à la réservation de ses salles, mais encore cette maison en vient à fermer ses portes plutôt que de mettre ses salles à la disposition de groupes en formulant la demande, comme c’est pourtant a priori son objectif !
Arrivé à la veille du Forum antirépression, le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux vient de se voir contraint d’accepter les Salons de Blossac si généreusement “octroyés” par la mairie. Il n’en dénonce pas moins avec vigueur les procédés utilisés par elle comme les basses manœuvres et les tentatives de sabotage et de censure exercées à son encontre par la préfecture, à l’origine de toute l’affaire.
Plus que jamais, le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux affirme haut et fort : Face à la répression, ne laissons pas faire !

Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux. antirep86@free.fr – antirep86.fr

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