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Rixe place de la Liberté : cinq jeunes en détention NR 24/06/2010

"Courage, on vous soutient. Vous n'avez rien fait !" Avant le départ pour la prison, familles et amis se manifestent quand les policiers embarquent les cinq prévenus vers Vivonne. - (Photo Bruno Delion)  - Photo NR

"Courage, on vous soutient. Vous n'avez rien fait !" Avant le départ pour la prison, familles et amis se manifestent quand les policiers embarquent les cinq prévenus vers Vivonne. - (Photo Bruno Delion) - Photo NR

Cinq des six jeunes soupçonnés de violences contre la police dans la nuit de lundi à mardi sont partis en détention en attendant leur procès le 8 juillet.

Une bouteille qui éclate au pied du patron de la police. C’est le point de départ d’une folle soirée en marge de la Fête de la musique dans les rues piétonnes de Poitiers, de la rue de la Regratterie à la place de la Liberté. Une soirée qui se termine par une bagarre entre des policiers et un groupe de jeunes qui veulent s’opposer à l’interpellation de leur copine, Nina, soupçonnée d’avoir jeté la bouteille et d’avoir prononcé la phrase fatidique : “Papineau on aura ta peau !”
Résultat des courses : six interpellations, cinq policiers blessés, des jeunes contusionnés. Et un nouvel épisode des relations tendues entre militants locaux, la police, la justice et la presse. Une mayonnaise qui rappelle furieusement l’épisode des comparutions immédiates après les violences du 10 octobre. La référence est dans tous les esprits.

La douche froide du délibéré

Hier, le parquet décidait de juger en comparution immédiate les six jeunes de 19 à 24 ans arrêtés au cours de la nuit de lundi à mardi après la rixe. Ils sont soupçonnés des mêmes faits. La justice reproche à Nina, Adrien, Sami, Clément, Yvane et Medhi d’avoir lancé une bordée d’injures sur les policiers, de leur avoir porté des coups et de s’être rebellés lors de leur interpellation. Douze policiers se sont constitués partie civile dans ce dossier. Au procès marathon de l’après 10-Octobre, les avocats, ont préféré laisser passer du temps. A tour de rôle, les six prévenus répètent la même phrase : “On demande un délai.”
“Oui, nous le demandons pour plusieurs raisons. Nous considérons que les conditions ne sont pas requises pour un procès serein et équitable et ils ne sont pas en état d’être jugés aujourd’hui, regardez-les”, tempête Simone Brunet au nom de ses cinq collègues avocat de la défense.
Elle donne une couleur politique au dossier : un harcèlement contre des jeunes connus pour leur militantisme. Et elle évoque, tour à tour, l’article paru hier sur l’affaire, la présence policière au tribunal, une instruction bâclée, une enquête confiée à la PJ, une référence constante au 10-Octobre dans les auditions et un simple “copier-coller” des faits reprochés. “Comme s’ils avaient dit ou fait les mêmes choses au même moment !”
Le procureur défend pied à pied cette conviction. “Ils ont tout fait en coaction, chacun à une responsabilité dans le tout”, résume Laurent Roulaud. “Ce sont des personnes qui ont toujours nié les faits, qui ont été violentes et qui ont proféré énormément de menaces.” Il réclame leur maintien en détention dans l’attente du procès.
“Mais que voulez-vous qu’ils aillent faire à Vivonne. C’est de la vengeance publique !”, s’exclame Malika Ménard, avocate de Nina. “Le commissaire dit qu’il n’a pas vu qui a jeté le projectile. Après, il a vu Nina, alors, nécessairement, c’est elle, c’est bien connu il n’y a qu’elle de connue pour ça !” Les avocats pilonnent à tour de rôle les réquisitions de mandat de dépôt.
À 19h30, le délibéré prend la salle à froid. Cinq des six prévenus partent quinze jours en détention en attendant leur jugement, programmé le 8 juillet. Seule Yvana ressort libre, sous contrôle judiciaire, dans une ambiance tendue. Les slogans entendus en octobre dernier viennent de reprendre du service.
Emmanuel Coupaye

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