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Belfort Une militante Lutte Ouvrière jugée pour diffamation Le Pays 16/02/2012

Attaqué dans un journal militant pour avoir menacé de licenciement un employé blessé, un directeur d’atelier d’Alstom porte plainte pour diffamation.

Chaque quinzaine, le parti Lutte ouvrière imprime un journal militant de deux pages distribué à la sortie des ateliers d’usine à Belfort. Le numéro du 3 octobre 2011, contenait-il une phrase de trop ? Une question toute vue selon le directeur d’atelier d’Alstom mis en cause. Le feuillet partisan, qui circule aux portes de l’entreprise, relate une histoire qui s’est passée dans son bâtiment au mois de juillet. En voulant envoyer une cagette dans une benne à ordures, un travailleur se blesse au visage. Pourtant, l’employé n’ira pas à l’infirmerie et aucun accident du travail n’a été déclaré. Le blessé en question est un homme handicapé mental et recruté par le biais d’un centre Escat (établissement de service d’aide par le travail). Affirmant au directeur ne pas avoir besoin de soins, il aurait préféré continuer son travail.

Pourtant, le journal LO affirme que le directeur « a reproché [au travailleur] de vouloir se rendre au service médical […]. Et pour l’en dissuader, il l’a menacé de licenciement si cet accident était déclaré ». Une « calomnie » selon le directeur d’atelier qui porte plainte pour diffamation.

Derrière les lignes incriminées, une femme d’une soixantaine d’années, à la retraite de l’Éducation nationale, qui comparaissait hier devant le tribunal de Belfort. Cassier judiciaire vierge. La militante explique simplement comment elle a eu vent de l’histoire. Des employés, qui auraient parlé à l’homme blessé, évoquent de façon certaine la menace lancée. Entendu par la police le 1er novembre, le travailleur handicapé maintient cependant que « ce monsieur a toujours été gentil avec [lui] ».

« Comment un handicapé mental aurait pu prendre la décision de ne pas déclarer l’accident ? » s’interroge André Chamy, avocat de la défense.

Le procureur de la République réclame à l’encontre de la prévenue, une peine de 3 000 euros d’amende, assortie de sursis simple. L’affaire a été mise en délibéré au 21 mars à 8 h 30.

le 16/02/2012 à 05:00 par Clémence Glon

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