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L’affaire des poubelles finit en relaxe NR 24/01/2012

Saint-Benoît

Le énième épisode des relations tendues entre la police et un groupe de militants poitevins s’est joué hier, devant la justice.

Nouvelle relaxe

Après l’affaire du squat de l’avenue de Nantes qui s’est soldée par une relaxe il y a quinze jours, c’est l’affaire des poubelles du Spar de Saint-Benoît qui arrivait devant les juges, hier, pour une nouvelle relaxe.
Le 28 décembre, vers 23 h, une patrouille de police repère un véhicule sur le parking du supermarché situé près de la rocade.
Quand les policiers arrivent, ils voient deux personnes dont une est en train de charger dans une camionnette des cagettes remplies de denrée périmées prises dans les poubelles du supermarché. Les policiers reconnaissent Nina et Jean-Baptiste, déjà visés lors de précédentes procédures.
Ils sont placés en garde à vue et le parquet décide de les juger en comparution immédiate pour vol en réunion et par ruse dans le local à poubelles et refus du prélèvement ADN. L’audience tourne court. Les deux prévenus demandent un délai pour préparer leur défense. Ils sont remis en liberté là où le parquet souhaitait leur placement en détention provisoire.

“ Pour manger ”

Le jugement sur le fond s’est déroulé, hier. Une trentaine de personnes sont venues soutenir les deux prévenus. « C’était pour quoi ce que vous avez pris ? », interroge le président Callen. « Ça devait servir pour manger ! » répliquent à tour de rôle Nina et Jean-Baptiste. Des produits dont la date limite arrivait à échéance et que le directeur du magasin ne pouvait plus laisser en rayon. Les produits avaient été mis à la poubelle.

Un tract en travers
de la gorge

« Nous ne sommes pas là pour juger des actions militantes, mais des actes de droit commun », a expliqué le procureur, Élisabeth Decencière-Ferrandière, en revenant sur un tract rédigé après le premier passage en justice des deux jeunes et distribué, hier, sur le parvis du tribunal.
Il stigmatisait la procédure judiciaire menée et s’en prenait nommément au procureur adjoint qui l’avait lancée. Un tract jugé très désagréable et qui a beaucoup occupé les réquisitions du ministère public. « La parole est libre, mais il y a des choses qui ne se font pas. On a voulu enrober un vol en action militante. »
Le parquet réclame alors huit mois de prison, dont deux ferme et deux ans de mise à l’épreuve, en provoquant une forte réaction de la salle.
La réplique ne se fait pas attendre. Me Malika Ménard épaule et fusille la procédure pour vol.
« Les photos prises par la police montrent qu’il y avait des poubelles dehors. Alors ? Le gérant a confirmé que les produits pouvaient être détruits. Tout ce qui a été jeté volontairement est réputé abandonné. Il n’y a pas eu de vol et encore moins de ruse. Si vous relaxez pour le vol vous relaxez pour le refus de prélèvement ADN. »

A comme amende
et ADN

Le tribunal a suivi la voie de la relaxe pour le vol, mais pas pour le refus de prélèvement ADN en récidive. « Vous êtes condamnés à 100 € d’amende. Vous ne pouvez pas le refuser à partir du moment où vous êtes en garde à vue. »

E.C.

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