«

»

Imprimer ce Article

La vidéosurveillance entre peu à peu dans notre vie PQR 23/02/2011

 

Particuliers et collectivités s’équipent de plus en plus en matériel de vidéosurveillance. Inquiétant ou rassurant ? Exemple à Saint-Benoît.

(dr)

C ‘est bon pour la dissuasion Les villes qui sont équipées voient la délinquance baisser. Cette phrase, lancée en janvier par le préfet Bernard Tomasini, semble rencontrer chez les élus de tous bords (ou presque) un écho favorable.
Depuis quelques années, la vidéosurveillance a fait irruption dans l’espace public. Les particuliers, les banques et les commerces en font déjà un large usage. Depuis peu, pour tenter de juguler des problèmes d’insécurité ou les incivilités, les collectivités locales ou les bailleurs sociaux s’équipent (lire ci-dessous).
À Poitiers, depuis des incidents survenus fin 2010 dans un bus de la société Vitalis, le système vidéo a été renforcé. Il y a désormais trois caméras au lieu de deux dans chaque véhicule. D’une manière générale, dans la ville, il n’y a de vidéosurveillance qu’en lieuc clos. Dans l’agglomération en revanche, une commune a pris les devants depuis quelques mois : celle de Saint-Benoît.
Pour le maire UMP de la commune,Dominique Clément, « ici, ce n’est vraiment pas le Bronx ». Mais comme ailleurs, petite délinquance ou incivilités créent l’insécurité. Depuis avril 2010, la commune a fait installer six caméras de vidéosurveillance (école du bois d’amour, La Hune, la mairie, salle Coquema, dortoir des moines et bientôt Irma Jouenne). « Ce n’est pas par idéologie sécuritaire forcenée, plaide Dominique Clément, mais pendant quelques années, le week-end, les écoles étaient le théâtre d’événements inacceptables. Il y avait parfois des tessons de bouteilles dans les bacs à sable. » Et ces dispositifs sont selon lui « efficaces ». À gauche, on met un bémol. Hervé Piquion, conseiller municipal PS, s’interroge : « La vidéosurveillance n’est pas une solution miracle. Elle ne remplace pas la prévention et la présence humaine. Certes, nous n’avons pas de tabous en matière de sécurité, mais pour nous cela pose de vrais problèmes d’éthique. Il faut se poser la question du pourquoi, du pourquoi faire et du coût… » « Il s’agit de 10.000 € d’investissement dont 60 % subventionnés », répond le maire. Aujourd’hui, la gauche sancto-bénédictine demande pour le moins la mise en place d’une charte communale d’éthique. « C’est pertinent », admet Dominique Clément, qui promet aussi de faire le point sur la question, avec tous, le 17 mars prochain.

le billet

Sous l’oeil de Big brother ?

A l’approche des grandes échéances électorales, la question de la sécurité suscitera sans doute bien des débats. Très tranchés. Parmi eux, la vidéosurveillance, que le gouvernement entend largement développer d’ici à 2012. Ici et là, on s’interroge sur l’efficacité réelle de ce nouvel outil. Mise en coupe réglée de la société ou aide au travail de la police ? Pour l’heure, Poitiers et son agglomération n’ont pas cédé aux sirènes du tout caméra. Même si aujourd’hui le maire PS de la ville dit n’avoir « aucun tabou sur les problèmes de sécurité ».
Vivrons-nous tous un jour sous l’oeil des caméras ?

le chiffre

350.000

C’est l’estimation du nombre de caméras, publiques et privées, qui fonctionneraient à ce jour en France. Près de 50.000 d’entre elles sont installées dans les réseaux de transports publics, dont 20.000 sur la voie publique et 280.000 dans des lieux ouverts au public.

la phrase

” Surveiller, c’est punir ”

Les alternatifs de la Vienne, la Ligue des droits de l’homme, des associations ou partis politiques s’inquiètent. Récemment, un communiqué s’insurgeait contre la vidéosurveillance à Châtellerault et dans les bus de Poitiers. « S’engager dans la vidéosurveillance, c’est s’engager dans une politique de surveillance qui suppose que tout citoyen, toute citoyenne soit coupable a priori. Surveiller, c’est punir… Il est plus simple d’installer un peu partout ces gadgets technologiques, fussent-ils coûteux, que de s’attaquer aux causes profondes des délits et violences, symptômes d’une société traversée par de multiples crises. »

Lien Permanent pour cet article : http://www.antirep86.fr/2011/02/23/la-videosurveillance-entre-peu-a-peu-dans-notre-vie-pqr-23022011/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*