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Répression policière devant le lycée Victor Hugo NR 22-10-10

la phrase

“Dans la bousculade avec la police, j’ai reçu un coup de poing dans le ventre qui m’a coupé le souffle. Je suis tombée par terre, à moitié évanouie.”

La lycéenne (*) blessée hier matin devant le lycée Victor-Hugo, témoigne ainsi : “J’ai vu partir des coups de matraques dans tous les sens. C’était plus violent que lors des manifestations de l’an dernier.” Outre le choc au ventre qui a nécessité son évacuation vers le CHU, la jeune fille indique qu’elle a eu “des hématomes sur les bras“. En revanche, elle n’a pas eu trois côtes cassées, comme une dépêche d’agence de presse l’avait indiqué dans un premier temps.
(*) Parfaitement identifiée par la rédaction, elle a souhaité conserver l’anonymat.

la question

La police a-t-elle usé de moyens disproportionnés devant le lycée Victor Hugo ?

L’intervention de la police a été requise par le chef d’établissement, a expliqué Jean-François Papineau, directeur départemental de la sécurité publique. Un groupe de 7 ou 8 policiers, en uniformes, s’est positionné devant l’entrée du lycée pour en assurer l’accès. Ces policiers ont été violemment bousculés par un certain nombre de jeunes, qui sont venus au contact. Les policiers les ont repoussés avec les moyens dont ils disposaient, leurs mains et leurs matraques, avant tout pour préserver leur intégrité personnelle. Aucun moyen collectif de maintien de l’ordre n’a été utilisé.
Dans un communiqué, la préfecture de la Vienne affirme, pour sa part : “Cette intervention n’a engendré qu’une bousculade sans provoquer de heurts avec les forces de l’ordre.


Retraites : la contestation suit des voies multiples

70 à 80 manifestants ont occupé les voies de chemin de fer. - Photo NR

70 à 80 manifestants ont occupé les voies de chemin de fer. - Photo NR

500 lycéens ont manifesté après le blocus de Victor-Hugo - Photo NR

500 lycéens ont manifesté après le blocus de Victor-Hugo - Photo NR

Contrairement à la température, la matinée d’hier a été chaude sur le front de la contestation de la réforme des retraites, à Poitiers. Tout a commencé à 7 h du matin, à Touffenet, où le dépôt des bus de Vitalis, le rond-point voisin et l’entrée de la délégation régionale de France Telecom ont été bloqués par environ 300 manifestants, à l’appel de l’intersyndicale. “Ce type d’action, avant l’heure de l’embauche, c’est parfait pour des gens comme moi qui ne peuvent pas faire grève pour des raisons financières, a avoué Frédéric, salarié d’un centre d’appels de la zone du Futuroscope. Ça permet de montrer aux salariés en lutte qu’on est solidaires.
Quasiment à la même heure, dans le centre-ville, plusieurs élèves s’étaient donné rendez-vous pour bloquer les portes du lycée Victor-Hugo. Une bousculade les a opposés à la police. Une jeune fille a été blessée (lire ci-contre). Élèves et enseignants se sont dit choqués par l’intervention policière. “Il semble que la police n’hésite pas à employer la force, alors on reste dehors pour protéger nos élèves“, a constaté José Dupuis, du Snes-FSU. Encadré par la police et les profs, le cortège lycéen, gonflé par des élèves de Louis-Armand, Auguste-Perret et Aliénor-d’Aquitaine, a défilé jusqu’à la gare, puis occupé un moment la Porte de Paris.
Ils ont croisé les manifestants de l’intersyndicale qui avaient quitté le blocus de Touffenet pour se diriger vers la gare. 70 à 80 personnes ont envahi les voies ferrées en milieu de matinée.”Le gouvernement débloque, nous, on bloque“, ont scandé les manifestants, applaudis par les cheminots grévistes. “On s’en ira gentiment, en syndicalistes responsables, dès les premières sommations de la police.” L’occupation a duré jusqu’à midi. D’autres actions sont prévues dans les jours qui viennent.
> L’intersyndicale appelle à un rassemblement ce matin à 8 h Porte de Paris.
> Un débat public sur la réforme est organisée à 12 h à l’Institut régional du travail social (bd Pont-Achard).

point chaud

Vitalis : les grévistes interpellent A. Claeys

Hier matin, autour du brasero qui réchauffait l’atmosphère devant le dépôt des bus de Vitalis, les grévistes de l’entreprise étaient particulièrement remontés contre Alain Claeys, accusé de pratiquer un double langage. “Il y a d’un côté le député socialiste qui défend la retraite à 60 ans et, de l’autre, le président de l’agglo qui refuse de mettre en place un système de retraite progressive au sein de l’entreprise, explique Serge Rivert, de la CFDT. Nous revendiquons une politique d’investissement et d’embauche pour Vitalis, ce qui n’est pas le cas actuellement. La tendance est plutôt à la restriction budgétaire.

Philippe Bonnet

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