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Flics de choc (la BAC de Poitiers) 7 à Poitiers 05-04-10 et 20-04-10

Flics de choc

Vols, agressions, trafic de stupéfiants… Chaque semaine, quinze agents de la Brigade anti-criminalité de Poitiers traquent du gros malfrat au petit consommateur de cannabis.

Pour une fois, ce sont eux qui se mettent à table. Derrière les réticences de façade, la confession se libère. “Vous pouvez écrire qu’on est bien avec tout le monde.” Des fois qu’on en douterait !… Eux en sont intimement persuadés : la réputation de “cowboys” des agents de la Bac a vécu. “En tout cas, ici, à Poitiers, on n’entend rien de ce genre.” David S., 39 ans, a passé un tiers de sa vie “en tenue”, dans quelques quartiers chauds d’Ile-de-France. Depuis septembre, son intégration poitevine se déroule en douceur. “Les gars m’ont super bien accueilli, comme collègue et comme supérieur.”

Premier relais sur le terrain du commissaire et du commandant qui dirigent le service, le brigadier-chef a définitivement pris ses marques. “Ce n’est jamais évident de s’imposer quand on vient de l’extérieur, car nous formons une petite famille, explique son binôme, Didier. Si son profil et sa personnalité ne nous avaient pas plu, nous aurions ,pu nous opposer à sa venue. Là, on était tous d’accord.” A ses côtés, Loïc et Cédric acquiescent. Chez les “bacqueux” on ne badine pas avec l’esprit de corps. “C’est notre ciment”, lâchent-ils en choeur. Un ciment indispensable à l’accomplissement des missions dévolues à la brigade.

“Un bon poulet avec un flair de renard”

De jour comme de nuit, ils sont quinze à tourner sur Poitiers et sa couronne. Quinze hommes rompus à l’exercice de la chasse à vue et de l’interpellation. “Notre nez et nos yeux sont nos principaux atouts, assène le boss. Un bacqueux se doit d’être un bon poulet tout en ayant le flair d’un renard.” Vols et agressions conditionnent leur entreprise. Mais c’est bien la drogue qui mobilise l’essentiel de leur action. “Et pas que de la douce, convient Loïc. Aujourd’hui, on fait plus d’héroïne que de shit.” Dans leurs filets, une prise record de 4,5 kg de cannabis il y a six mois. Et l’“héro” ? “330 grammes, répond Didier. A 60 € l’unité, ça fait lourd !”

Dans les couloirs du commissariat, les loustics ne passent pas inaperçus. Et pour cause, ils sont les seuls à opérer en civil. “Pour mieux surprendre les dealers ou les voleurs”, sourient-ils. Les bacqueux, c’est un fait, sont les fins limiers de la police nationale. Sont-ils des flics à part ? Loin d’eux ce sentiment. “Nous n’avons pas l‘impression de prendre plus de risques que nos collègues en uniforme, rétorque David. Mais ce statut de chasseur et cette ;Indépendance d‘action nous conviennent bien. Et puis, si on en est là, ce n’est par hasard.”

Car tous ont postulé. Et tous ont acquis le droit d’atteindre leur Graal. Rapidité, endurance, tir, combat, droit pénal… Leur formation, réactualisée tous les trois ans, est lourde. Leur espérance de vie à la brigade, elle, est limitée. Neuf ans au plus sur un même commissariat. Et après ? “Après, on réendossera le bleu pour assister la population.” Sans regret. Avec cette fierté d’avoir donné du relief à leur combat pour l’ordre et la justice. Tout simplement

Nicolas Boursier le 05/04/10


Bac à Poitiers : chasseurs en action
envoyé par Redaction7. – L’info video en direct.

Vendredi après-midi. Sur réquisition du Parquet, les hommes de la brigade anti-criminalité de Poitiers partent en chasse. Objectif : ramener Bernard au poste…

14h – L’initiative est un plat qui se mange froid. Aujourd’hui, elle attendra. Car il y a des ordres. Le Parquet en a fait la demande : il faut trouver Bernard et le ramener au poste. Le gaillard, quarantaine imbibée, est connu pour ses actes de violence répétés. Il a encore frappé. Reçu cinq sur cinq par David et sa meute.

14h30 – Les véhicules des deux binômes naviguent dans les mêmes eaux. “En cas d’interpellation, prévient Cédric, il ne faut jamais être trop loin les uns des autres.” Le gars Bernard a ses ,habitudes dans deux quartiers ,de la ville. Le compteur affiche 30 km/h. Les artères de la cité sont explorées. Rien. Le bougre n’a pas daigné sortir le bout de son nez.

15h10 – Tiens, qu’est-ce qu’il fait celui-là à tripoter cet auto-radio ? “Police ! Papiers, s’il vous plaît !” Vérification est faite auprès du central. Le jeune homme apostrophé n’est pas connu des services de police. Il est devant chez lui. Et se retrouve tout penaud contre ,sa voiture. “Excusez m’sieur on vous voyait penché et on croyait que…” Fausse alerte.

16h30 – Bernard n’est pas ,oublié. Il est simplement mis “entre parenthèses.” “Eh oh, on la connaît cette Clio !” Cédric et David, les deux pilotes ont repéré le même véhicule. À son bord, c’est sûr trois habitués des stups. La chasse s’engage. Sur un parking de supermarché, l’auto est prise en sandwich. Fausse manoeuvre. Elle se paie le luxe de reculer dans la berline de Cédric et Loïc. Le brigadier, sept ans de Bac en région parisienne, trois à Poitiers, sort comme une furie. “Vos mains, montrez-moi vos mains.” Coup de sang sans suite. Le trio, pour une fois, n’a rien à se reprocher. “Tout est en règle. Mais on les retrouvera.”

17h20 – Rien à se mettre sous la dent. Bernard n’a toujours pas bougé. “On va aller faire un tour à La Blaiserie”, annonce Didier. Mauvaise pioche ! “Agression à Kyoto, agression à Kyoto !” La radio crépite. Les quatre fulminent. “Put…, on y était y’a dix minutes.” Un lycéen a été frappé par trois individus, avec casquettes vissées en arrière sur le crâne. Il faut y aller. Refaire le chemin inverse. Trêve de plaisanterie. Sirènes hurlantes, moteurs en transe, les deux bagnoles de la Bac se fraient un chemin dans le trafic. Top chrono : cinq minutes et quarante secondes plus tard, Saint-Eloi est de nouveau en vue. Las. La victime a tardé à appeler les secours. Trouver ses agresseurs relèverait désormais de l’exploit. Deux ou trois gamins sont questionnés. Mais ce ne sont pas eux, a priori, qui ont sévi. Fichue journée !

18h30 – Il est temps de revenir au commissariat pour un premier débriefing. “En moyenne, on appréhende une personne par jour”, insiste David. Pour l’instant, sa bande fait chou blanc. Mais la garde n’est pas terminée. Dix minutes plus tard, la radio refait des siennes. Nouvelle agression. En voiture, Simone ! Bernard, lui, ne perd rien pour attendre.

• Lire aussi : Flics de chocs

• Reportage vidéo : 7 à Poitiers avec les moyens techniques d’Astron Vidéo

Nicolas Boursier le 20/04/10

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