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“Face à l’injure je reste serein et déterminé” NR 25-02-10

Les tagueurs ne le feront pas changer de ligne. Le maire de Poitiers reste ferme sur le maintien de l’ordre public tout en défendant le droit de manifester.

Contre les tagueurs qui ont “souillé la ville”, il a décidé hier de porter plainte. Il indique également qu’il rendra public le coût des dégradations. Pour Alain Claeys, les tagueurs sont “des voyous”. Ceux qui voudraient les utiliser pour dénigrer les mouvements sociaux et remettre en cause le droit de manifester font fausse route.
“Ma réaction reste celle que j’ai exprimée dans le communiqué remis il y a quinze jours après avoir reçu Catherine Coutelle, la Cimade, Réseau Éducation sans Frontière et la Ligue des Droits de l’Homme. Poitiers est une ville de droits. J’entends qu’on n’y porte pas atteinte. Rien ne peut justifier que des individus blessent notre ville. Poitiers est depuis toujours une ville d’expression. Les Poitevins ont gardé intacte cette faculté d’indignation et nous ne pouvons que nous en réjouir. Ils doivent pouvoir manifester tranquillement. Dans le même temps, le maintien de l’ordre public est nécessaire et essentiel. Mais de solution, il ne doit pas devenir un problème et il faut s’interroger sur les conditions de la garde à vue. Les députés socialistes déposeront une proposition de loi pour garantir les droits de nos concitoyens et en même temps la sécurité juridique des forces de l’ordre.”
Alain Claeys ajoute qu’il est convaincu que sa position est partagée par la grande majorité des Poitevins. Il remarque que les tags qui ont enlaidi Poitiers reprennent les mêmes slogans que ceux relevés la semaine dernière à Montpellier (NR d’hier). Il n’est pas loin de penser qu’il y aurait un lien entre leurs auteurs.

Jean-Jacques Boissonneau

Depuis qu’il a quitté Poitiers, Jacques Santrot ne s’exprime plus sur la vie de la cité. Il a dérogé hier à la ligne de conduite qu’il s’était fixée pour apporter son soutien à Alain Claeys. “En tant qu’ancien maire de Poitiers, je souhaite exprimer ma solidarité à Alain Claeys et à son équipe municipale suite aux tags violents qui ont été faits sur les murs de la ville. Rien, dans le champ de la démocratie ne peut justifier ces comportements. Partageant totalement l’analyse et les positions d’Alain Claeys sur la situation de la ville, j’appelle tous ceux qui se reconnaissent dans nos actions passées et présentes, à dire non à cette dérive violente dans laquelle certains voudraient plonger Poitiers et à soutenir totalement le maire et l’équipe municipale.”
> Le PS : “Les tagueurs sont des délinquants”. “Poitiers a de nouveau été souillée par des tagueurs. Des attaques nominatives, des menaces de mort ont été écrites sur les murs de notre ville, notamment à l’encontre de notre maire, Alain Claeys. Aucune idéologie, aucun sentiment ne saurait justifier ces comportements”, déclare Aurélien Tricot, président du groupe socialiste et indépendants.
“Ces tagueurs ne sont pas victimes d’un système, mais bien coupables d’actes de malveillance. Ce ne sont pas, pour nous, des militants mais des délinquants. Les élus socialistes de Poitiers appellent l’ensemble des formations politiques de cette ville à dénoncer avec eux, publiquement ces agissements.”
> Le PC : “Solidarité et droit de manifester”. La section de Poitiers du PCF et les conseillers municipaux communistes de Poitiers réagissent non pas aux tags, mais à la lettre ouverte du Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, adressée au maire de Poitiers (NR de mardi 23 page 9, intitulé “La jeunesse est notre avenir, protégeons là”).
“La signature du PCF doit être retirée de cette lettre”, dit Jean-Jacques Guérin. Le PC n’accepte pas qu’il soit dit que le maire de Poitiers prendrait fait et cause pour la police et la préfecture et pour le capitalisme.
“Comme tous les démocrates et les progressistes, nous condamnons les atteintes aux libertés et au droit de manifester destinées à bâillonner la jeunesse et museler le mouvement social. Cette attitude est une déclinaison d’une politique sécuritaire que sous-tend une idéologie dangereuse distillée par le gouvernement de droite.
Contrairement au gouvernement qui installe la répression et le contrôle social, les élus communistes s’emploient avec la majorité municipale à défendre les Poitevins les plus touchés par la crise : épiceries solidaires, tarifs de cantine scolaire, gestion associative des équipements de quartiers, promotion des services publics…”
> Les Verts : “Des tags injurieux”. Par la voix de Marie Legrand, leur secrétaire, les Verts de la Vienne “condamnent sans réserve, les tags injurieux et personnels qui ont souillé les murs symboliques de Poitiers. Forts de nos convictions démocratiques et non violentes, nos condamnons également la disproportion de plus en plus inquiétante entre les manifestations des mouvements sociaux et le déploiement policier et judiciaire qui y fait face. Nous dénonçons une montée en force de l’État répressif négligeant toute volonté de prévention et d’éducation à la citoyenneté.”

Ceux qui voudraient qu’Alain Claeys critique les méthodes des forces de police lors des multiples rassemblements qui se sont succédé depuis le 10 octobre buteront sur un maire inflexible. Après les tags de la nuit de lundi à mardi comme après les manifs qui ont été à l’origine de gardes à vue parfois humiliantes pour les personnes interpellées, le maire campe sur ses positions.
“La liberté, c’est l’équilibre entre la liberté des tous et le droit à la tranquillité de chacun. Les Poitevins savent que j’y suis très attaché. Je ne laisserai pas le mouvement social discrédité par les déprédations des uns ou muselé par la pression des autres.”
De quoi renvoyer tout le monde dans son camp. Pour Alain Claeys, les tagueurs sont bien “des voyous”. Et les forces de l’ordre sont invitées à ne pas “museler” les Poitevins. Ce sont les derniers mots du communiqué d’il y a quinze jours et auquel il renvoie tous ceux qui attendent de lui une inflexion plus à gauche de ses positions.

J.-J. B.

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