«

»

Imprimer ce Article

Discours soirées de soutien du 15 octobre

Nous sommes ici pour une soirée de soutien pour tous les inculpés du 10 et du 17 octobre. Le prix d’entrée est libre, vous pouvez donner ce que vous voulez, le maximum que vous pouvez. Il y a aussi de la boisson et de la nourriture. Tout l’argent récolté servira à aider tous les inculpés et leur sera reversé intégralement.

Je souhaiterai d’abord préciser que le Comité Poitevin contre la Répression des Mouvements Sociaux ne saurait céder à l’hystérie collective qui a eu lieu après les événements du 10 octobre. Le Comité Poitevin contre le Répression des Mouvements Sociaux, ne condamne pas, il analyse. Il ne justifie pas, il cherche à comprendre.

Pour le Comité Poitevin contre la Répression des Mouvements Sociaux, ce qui s’est passé à partir de samedi 10 n’est pas arrivé comme ça par hasard. Rien de tout cela n’est spontané. Il s’agit de la suite logique d’un processus qui s’est mis en place progressivement, disons de mars-avril 2006 à aujourd’hui. Pour la partie la plus visible, le processus à commencé en avril-mai 2008 avec le gazage des manifestants lycéens à la gare et les brutalités policières qui s’en sont suivies par exemple les cordons policiers pour briser les blocus, les policiers à l’intérieur des lycées, les arrestations de délégués lycéens mandatés, y compris devant leur lycée… Puis les condamnations, les mises à l’épreuve… Tout l’arsenal de la répression policière et judiciaire utilisé contre les jeunes des banlieues, a été utilisé contre les jeunes lycéens. Il s’en est suivi durant toute l’année scolaire 2008-2009 toute une série de provocations et de harcèlement policier à l’égard des jeunes militants devenus étudiants. Les mêmes provocations et harcèlement que connaissent aussi fort bien les jeunes des banlieues. Contrôles d’identité intempestifs, appeler les jeunes par leur prénom la nuit, les suivre sans raison, les arrêter, les mettre en garde à vue, les condamner… C’est précisément pour lutter contre ça que le Comité Poitevin contre la Répression des Mouvements Sociaux a été crée en avril 2009.

Nous savons depuis hier qu’un groupe autonome a revendiqué les événement du 10 octobre au journal le Monde. Ne pouvons-nous pas penser que les forces répressives ont enchaîné erreur sur erreur ? D’abord, ce qui s’est passé le 10 octobre n’est-il pas dû à l’incompétence flagrante des forces de police ? Pourquoi avoir maintenu le transfert des détenus en même temps que le Festival des Expressifs ? Pourquoi avoir tiré des grenades lacrymogènes dans la foule alors que les manifestants s’était déjà évanouis dans la foule ? Pourquoi cette décente de police au 23 ? Pourquoi ces arrestations arbitraires ? C’est que selon nous la police de Poitiers suivait sa logique, la logique mise en place depuis, au moins, mai-juin 2008, logique que nous venons de décrire et qui s’est retourné complètement contre elle et le système répressif. La logique répressive enclenchée après le 10 octobre, entretenue par les médias et encouragée par le ministre de l’intérieur, s’est emballée. Il semble aujourd’hui clair dans la tête de beaucoup que les inculpés du 10 octobre sont en fait des bouc émissaires. Que la justice fût expéditive, que le procès fût d’exception, que, compte tenu de la jurisprudence, les peines furent disproportionnée et très injustes. C’est selon nous que, signe du caractère clairement dictatorial de l’Etat français, le pouvoir judiciaire est aux ordres du pouvoir exécutif. Ce qui est apparu clairement lors de la manifestation du samedi 17 octobre, et les élus qui ont défilé le 19 octobre avec leur écharpe tricolore ne s’y sont pas trompé, c’est que le pouvoir législatif était dorénavant aux ordres de l’exécutif. Nous sommes dans un dictature et les nombreux car de CRS et de gardes mobiles qui quadrillaient la ville lors de la manifestation du 19 octobre et aujourd’hui.

Pour finir une note d’humour si tout cela n’était pas si triste. Dire que le procureur est un papon un 17 octobre devant le monument de la résistance de Poitiers n’est pas si absurde que cela. Souvenez-vous du 17 octobre 1961, où lors de la manifestation interdite du front de libération national, des centaines d’Algériens ont été tués, exécutés, jetés dans la Seine.

Lien Permanent pour cet article : http://www.antirep86.fr/2009/10/15/discours-soirees-de-soutien-du-15-octobre/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*