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Le campus décompresse NR 18-04-09

Poitiers. Trois étudiants poitevins poursuivis pour des dégradations et des violences nocturnes ont été en partie relaxés, hier, par la justice.

C’est une comparution immédiate qui ressemble à une thérapie de groupe. Un exutoire de toutes les tensions et rancœurs réciproques accumulées depuis les dernières semaines au fil du mouvement de blocage de l’université de Poitiers.
Trois étudiants passaient hier en comparution immédiate, soutenus dans la salle et à l’extérieur par leurs camarades et parfois leurs parents. Ils sont soupçonnés de dégradations et de violences commises dans la nuit de mercredi à jeudi.
La procédure judiciaire est-elle bordée, claire et nette, ou bien tente-t-on d’accrocher à bon compte des casseroles sur le dos d’étudiants qui défendent le mouvement actuel ?
Dans la nuit de mercredi à jeudi, un abri de bus de l’avenue du Recteur-Pineau est dégradé, une poubelle brûlée. Une patrouille de police arrive. Les policiers voient deux jeunes s’enfuir. L’un est rattrapé, c’est Ronan, 20 ans, étudiant en psycho. Le deuxième s’échappe vers un amphi. Nouvel épisode.
Les policiers attrapent un autre jeune présent. Sami, 19 ans, étudiant en sociologie, s’interpose et l’aide à s’enfuir. Le policier assure que Sami a tenté de lui porter des coups, il a usé de son bâton, le touchant à la jambe. Les policiers repartent vers le commissariat.
Un groupe d’étudiants décide alors de rejoindre le centre-ville. Sami et Pierre, 21 ans, étudiant en AES, sont vus en train de s’attaquer à des vitres d’une agence bancaire. Ils sont interpellés.
En garde à vue, deux des trois étudiants investis dans le blocus de la fac contestent ce qui leur est reproché. Ils le maintiennent à la barre. Non, Ronan n’a pas cassé l’abri de bus ni brûlé la poubelle. Non, Sami, n’a pas tenté de porter des coups au policier ni dégradé l’agence BNP Paribas. Pierre, lui, admet l’avoir fait.
Le procureur reconnaît son embarras. Fallait-il une comparution immédiate ? Non pour Pierre et Ronan, mais oui, pour Sami, engagé dans une “spirale de délinquance”. “Il n’est pas question de parler des actions étudiantes, mais de la loi à respecter.”
Il réclame alors 40 h de travail d’intérêt général contre Pierre et Ronan et six mois de prison, dont un ferme, et le mandat de dépôt contre Sami.
La défense fait des bonds, reprend les auditions, piste les incohérences, les déclarations contradictoires, matraque sur des détournements de procédures concernant trois jeunes au casier vierge, des règlements de comptes de la police, des accusations non prouvées, des conclusions idéologiques visant à réprimer des opinions politiques.
Le tribunal fait retomber la pression. Pierre écope de 40 h de TIG ; Ronan est relaxé ; Sami est relaxé pour les violences et condamné à 40 h de TIG pour les dégradations. E. C.

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